Moins d'accidents domestiques?

Publié le par domicile conseil

 

 

Les chutes font tristement partie du quotidien des personnes âgées, surtout lorsqu'elles vivent à leur domicile. La fréquence de ces accidents, trop souvent mortels, est d'autant plus alarmante que la part de la population âgée de 75 ans et plus ne cesse d'augmenter. Représentant un véritable enjeu de santé publique, le phénomène impacte aussi l'activité des services d'aide à domicile. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si quelques grandes fédérations du secteur ont été impliquées dans la conception du "programme de mise en sécurité du domicile des personnes âgées" lancé hier par Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, et Hervé Novelli, son homologue en charge du commerce.

Appel à la mobilisation des intervenants à domicile

Afin de faciliter et de promouvoir un "premier niveau" de repérage des risques, l'Agence nationale des services à la personne (ANSP) met à la disposition des réseaux d'intervention à domicile une "grille de repérage". Vanté pour sa simplicité, l'outil a été "conçu, validé et testé" par trois fédérations de services d'aide à domicile associatifs (UNA, UNADMR, Adessa à domicile), Familles rurales, la FEPEM (représentation et défense des particuliers employeurs) ainsi que par la Mutualité sociale agricole (MSA), la fédération Pact et l'association nationale française des ergothérapeutes.
Concrètement, le diagnostic doit déboucher sur trois types de prescriptions allant des "mesures de bon sens, simples à réaliser" par la personne elle-même, son entourage et/ou l'intervenant à domicile, comme déplacer des meubles encombrants, à la réalisation de travaux d'adaptation du logement nécessitant la réalisation d'un diagnostic spécialisé par un organisme habilité (Pact). Entre les deux extrêmes, il pourra être recommandé à la personne âgée de faire appel à des services à la personne pour la réalisation de "petits travaux" (surélévation du siège des toilettes, fixation d'une barre d'appui, etc.). Lesquels "pourraient représenter 40 % des mesures à prendre", prédit le gouvernement.
La grille de repérage sera disponible prochainement sous forme dématérialisée sur les sites de l'ANSP et celui de la Commission de la sécurité des consommateurs, également sollicitée par le gouvernement pour mettre sur pied son programme d'actions.

Un programme expérimental

Pendant un an, les actions de repérage des risques au domicile des personnes âgées seront réalisées dans un cadre expérimental. Six financeurs – dont la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), la MSA et le groupe de prévoyance Malakoff-Médéric – se sont engagés à participer au déploiement du programme au bénéfice de leur public. La MSA devrait être la première à se lancer dans l'aventure. Dès le mois prochain, son réseau devrait se mobiliser dans 7 départements [1] au profit de quelques 4 000 retraités agricoles. En fonction du bilan des expérimentations, le gouvernement pourrait annoncer une généralisation du programme à l'ensemble du territoire.

Quels avantages fiscaux ?

Le dossier de presse du secrétariat d'Etat en charge de l'emploi assure que "toute personne âgée aidée pour le repérage des risques et certains petits travaux (fixation des fils électriques sur les plinthes, allumage automatique de la lumière la nuit, fixation d'une barre d'appui dans la douche, etc.), "bénéficiera d'une réduction d'impôt égale à 50 % des sommes restées à sa charge". Cet avantage était l'une des mesures du plan 2 de développement des services à la personne. Il semble toutefois nécessaire, pour sa mise en oeuvre, que la réglementation soit modifiée [2].

[1] Eure et Loir, Indre, Loiret, Marne, Morbihan, Sarthe, Haute-Vienne.
[2] La liste des activités de services à la personne dressée à l'article D. 7231-1 du Code du travail mentionne certes les "petits travaux" mais seulement de jardinage. Et aucune référence explicite n'est faite concernant le repérage des risques d'accidents domestiques.

Source: TSA quotidien

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